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Phillip Island, l'adieu sous la flotte : Zarco sans bol, Martin au tapis, Marquez en tête

Par Steve · · 7 min de lecture

Johann Zarco sur la Honda n° 5 de l'équipe Castrol Honda LCR au Grand Prix d'Autriche 2026
Johann Zarco au Grand Prix d'Autriche, septembre 2026. Photo : Lukas Raich, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Image recadrée.

Notre dernier passage à Phillip Island, et on n'a même pas eu la vraie course. Un dimanche annulé, un Zarco qui n'a décidément pas de bol, et un championnat qui vient de changer de patron en un virage.

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On va parler tranquillement de ce week-end de Grand Prix à Phillip Island. Malheureusement, la météo nous a enlevé le droit d'avoir la course reine en plein. C'est bien dommage, parce que c'était notre dernier passage avant un bon bout de temps, et peut-être jamais.

Un week-end qui s'est joué le samedi

Remettons les choses dans l'ordre. Le vendredi, les Aprilia ont fait la loi. Le samedi, ça s'est gâté côté météo. En qualifications, sur une piste humide qui séchait, puis de nouveau mouillée, Marc Marquez a chuté dans sa première tentative de la Q2, a sauté sur sa deuxième moto et a signé la pole quand même, avec 1,494 seconde d'avance. Son frère Alex le suit en première ligne, et Johann Zarco complète le trio. Jorge Martin est quatrième.

Dans la foulée, le sprint. Marc Marquez le gagne d'un souffle, d'environ trois dixièmes, devant Alex, puis Fabio Di Giannantonio. C'est sa neuvième victoire en sprint de la saison. Et c'est surtout le sprint où tout bascule, on y revient plus bas.

Le dimanche, rideau. La course MotoGP, comme celles de Moto2 et de Moto3, a été annulée à cause d'une visibilité trop réduite pour que l'hélicoptère médical puisse voler. Pas d'hélico, pas de course : le directeur de course n'avait aucune alternative sûre. À la place, les pilotes ont fait deux tours de parade derrière la voiture de sécurité, avec un arrêt sur la ligne droite pour saluer le public. Pour un circuit qui attendait une affluence record, ça fait un adieu en demi-teinte.

Zarco, la poisse en direct

Ce que je retiens, c'est Johann Zarco. Il n'a pas de bol. Il n'y a rien à dire, il n'a vraiment pas de bol, ce type.

Il se fait une qualification en or : première ligne, troisième position, après avoir déjà dominé la Q1 à égalité (à un millième près) avec Jack Miller. Il peut nous faire quelque chose de beau. Le sprint démarre. Bim. Problème technique. Et ça tombe pile quand il nous sort un début de course fantastique, bien accroché au paquet, en cinquième position quand il s'arrête. Un problème technique.

Le plus rageant, c'est le dimanche. Humide, piégeux : les conditions où lui excelle. Il aurait pu nous offrir un dimanche incroyable. Et on a une course annulée.

Martin, Marquez et le titre qui bascule

Le sprint, parlons-en. Jorge Martin y était, le couteau entre les dents, collé à Marquez, pas moyen de lâcher, pas moyen de lui laisser du terrain. Il voulait absolument, et à trop en faire, on se retrouve le nez par terre. Au huitième tour, au virage 8, après avoir attaqué le vibreur du virage 7, l'avant se ferme. C'est comme ça.

Le bilan est lourd. Aprilia a confirmé une fracture de l'avant-bras droit : le radius, près du poignet, non déplacée. Le scanner à Melbourne a écarté la fracture du cubitus que les radios laissaient craindre. Il est déclaré inapte pour le dimanche. Il espère rouler au prochain Grand Prix, celui de Malaisie à Sepang, du 30 octobre au 1er novembre, mais l'équipe ne tranchera qu'après de nouveaux examens sur place. Se présenter face à Marc Marquez quand on est déjà diminué physiquement, ça me semble vraiment, vraiment compliqué.

Parce que l'enjeu est là. Avant le week-end, Martin menait le championnat de deux points. Après le sprint, Marc Marquez passe devant, avec environ dix points d'avance sur lui. Il en reste quatre à jouer : Malaisie, Qatar, Portugal et Valence, soit 148 points possibles au maximum. Malheureusement pour Martin, même s'il avait de vraies chances d'être champion du monde cette année, ça nous semble de plus en plus compliqué.

Et qui va retenir Marc vers sa dixième couronne mondiale ? Pas grand monde. Ce serait son dixième titre toutes catégories confondues (neuf à ce jour, dont sept en catégorie reine) et son huitième en MotoGP, ce qui l'enverrait à égalité avec Giacomo Agostini. Et en plus, il trouve un allié de poids en la personne de son frère, qui remonte fortement en condition. Il est très très fort, l'Alex. Quand il fait pas les erreurs grossières, quand il plante pas les autres, ou quand il s'envoie au tapis on ne sait pas comment, il est très très fort, et il fait le premier lieutenant de son frère Marc. Deuxième du sprint, deuxième de la grille : il joue déjà le rôle.

Donc comment arrêter Marc Marquez sur la route de son dixième titre ? Très très bonne question. À vous de nous dire.

Fabio, cap sur l'hiver

Il restera Fabio Quartararo, comme d'hab. Il a dit : « Je donnerai mes 100 % comme toujours » (propos traduits de l'anglais, Crash.net). Moi, je lis entre les lignes : 100 % sans se blesser, c'est plutôt du 90 % en réel. Son vrai objectif, c'est d'arriver en pleine forme au premier essai d'hiver pour la Honda, donc qu'on n'attende pas grand-chose de lui sur les circuits qui restent. Ce qui est sûr : il passe chez Honda HRC pour 2027 et 2028, et il a fini dixième du sprint.

Valence, il aime bien, on le sait. On verra sur les Grands Prix qui restent, il fera ce qu'il peut sans se mettre dans la difficulté.

Jack Miller, la maison et le show

Pour finir, Jack Miller. Dernier passage ici, et il a quand même fait le show. Une qualification dantesque, encore une fois : il gagne la Q1 à un millième de Zarco et décroche la cinquième place sur la grille. Des fois on ne sait pas ce qui lui arrive à lui. Phillip Island, on sait qu'il l'adore, il le connaît par cœur, c'est sa maison, mais parfois il est exceptionnel, et là il l'a été. Placer sa Yamaha aussi haut sur la grille, c'est quand même incroyable. Il termine septième du sprint, après la pénalité infligée à Ai Ogura pour pression de pneus trop basse.

Bravo à lui, et good luck pour sa suite en Superbike. Yamaha a annoncé le 9 septembre qu'il rejoindrait son équipe officielle en WorldSBK pour 2027 et 2028, aux côtés d'Andrea Locatelli. Yamaha met aussi en avant son expérience des pneus Michelin. Il a un style qui va totalement coller au Superbike, et je le vois bien faire de belles choses dès le départ, même si, à mon avis, il n'arrive pas dans les équipes qui dominent le plateau. Il va quand même absolument fracasser le Superbike, et ça va faire vraiment du bien.

Et maintenant, Adelaide

Après Phillip Island, un nouveau chapitre. Le Grand Prix d'Australie ne disparaît pas : il part pour Adelaide, sur un circuit urbain d'environ 4,2 km et 18 virages, dont le tracé rappelle celui de l'ancien Grand Prix de F1, avec un contrat de 2027 à 2032 et une première édition en novembre 2027. Même chose côté plateau : 850 cc, nouveaux pilotes (Senna Agius arrive en MotoGP en 2027) et un décor inédit. Ça va nous permettre de jauger tout le monde sur un pied d'égalité : les nouveaux pilotes par rapport aux anciens, les nouvelles motos entre elles. Sauf qu'on n'aura pas de point de référence en tant que tel.

En deux mots : Phillip Island s'éteint sous la flotte, Zarco n'a décidément pas de chance, et Marc Marquez file vers sa dixième couronne pendant que Martin soigne son bras.

Et vous ? Martin diminué, Alex en lieutenant, Marc avec dix points d'avance : qui peut encore arrêter Marquez, à part Marquez lui-même ?

Extrait cité : propos de Fabio Quartararo traduits de l'anglais, source : Crash.net.

Billet dicté par Steve, mis en forme et vérifié avec le concours d'outils d'intelligence artificielle, puis relu par ses soins avant publication. En savoir plus.

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